The Family Man (Inde, 2019)

The Family Man est incontestablement une de mes plus belles surprises du troisième trimestre 2019. Elle ne marquera sans doute pas l’histoire des séries-télé, mais elle se révèle un excellent divertissement (voire un peu plus que cela) au rayon action/espionnage.

La série nous propose de suivre les aventures de Srikant Tiwari (interprété par Manoj Bajpai, figure apparemment connue du cinéma indien), agent secret au sein de la National Intelligence Agency. Issu de la classe moyenne, Srikant brille sans jamais faire d’étincelle. Il est presque M. Tout-le-monde. Il a beaucoup de mal à trouver l’équilibre entre sa vie familiale (mariage qui bat de l’aile, enfants sans scrupule et sans pitié qui le soumettent à un chantage sans vergogne (genre « Je ne dirai rien à maman si tu m’achètes le nouvel iPhone » 😮 )) et toutes les exigences liées à son travail.

Pour la partie espionnage, je ne dévoilerai rien de l’intrigue en elle-même. Elle n’a rien d’extraordinaire, elle est même assez classique, Srikant étant « tout simplement » amené à gérer et prévenir les attaques terroristes menaçant son pays.

Ce qui la rend intéressante, c’est le côté anti-héros de son personnage principal : Srikant n’a pas de gros pectoraux, il est stressé, colérique; il ne suit pas les conseils santé de son médecin, il se montre fort maladroit dans sa vie personnelle (la scène où il espionne sa femme et son supposé amant vaut le détour), … Bref, son côté comique peut se révéler un peu déstabilisant au début. On a en effet un peu l’impression, comme le notait KangDa dans un commentaire, de suivre d’avantage une comédie qu’une série d’action.
Fort heureusement, les rouages s’activement rapidement, nous plongeant avec bonheur dans une intrigue mêlant politique, questions de société et de religions, … À aucun moment, je ne me suis posé la question de la « véracité », et cela ne m’a aucunement gêné, ou semblé trop gros. Nous sommes clairement dans une fiction où les différents ingrédients m’ont semblé particulièrement bien dosé.

L’humour, quant à lui, reste très présent, mais bien saupoudré, il permet de « pauser » quelque peu la tension.

Tension qui permet à la saison de finir sur un bon gros cliffhanger et de me laisser dans l’impatience de la prochaine fournée !

J’espère qu’à votre tour, vous vous laisserez embarquer 😉

Classement : B+
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nic
nic
8 Jan 2020 4:33

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin… Mais pourquoi en effet ? Il me semble que creuser sous la surface des choses enrichit leur appréhension. Le temps nous le permet. Tout le monde sera d’accord pour dire qu’il serait tout bonnement insensé de visionner Naissance d’une nation comme le spectateur de 1915 ou Le Juif Süss comme celui de 1940. On ne dira pas : c’est juste un divertissement. Personne (ou presque) n’ignore l’enrôlement de l’industrie cinématographique allemande dans la propagande nazie. (J’insiste sur ce parallèle avec le nazisme, c’est une référence explicite des nationalistes hindous.) Le temps nous facilite… Lire la suite »

Stéphane
Stéphane
18 Déc 2019 10:20

Et bien ma foi, je dois être aussi mauvais en politique / questions de société, religions que Thierry car pour l’instant (3 épisodes), je vois un divertissement, pas toujours très fin, mais plutôt efficace. J’y retourne d’ailleurs de ce pas 😉

Stéphane
Stéphane
23 Déc 2019 12:34
Reply to  Stéphane

ça a fait le job jusqu’au bout, merci pour ce bon moment. J’espère qu’il y aura une suite. La fin le laisse supposer 😉

nic
nic
13 Déc 2019 4:09

Hum, j’ai regardé deux épisodes. Pas passionné (euphémisme) par la partie espionnage ni vraiment amusé par les scènes de comédie, mais (un peu) retenu par le mélange des deux à la sauce Bollywood. Reste que je m’interroge devant ce qui est tout de même, dans pays divers et fracturé, un véhicule du nationalisme indouïste. Serait-on aussi indulgent devant une fiction iranienne décrivant la lutte contre le diabolique Israël ?

Gauthier
Gauthier
13 Déc 2019 10:24
Reply to  Thierry

Si je peux me permettre, je te trouve tout de même être un bon citoyen du monde : tu nous présentes des séries israéliennes, japonaises, coréennes, turques, indiennes, colombiennes, océaniennes, … Tu vois un peu plus loin que ton quartier.
Après, l’intellectualisation face à une oeuvre m’a toujours posé question car je crois difficilement en l’objectivité totale : on regarde toujours quelque chose avec un prisme (notre éducation, notre contexte socio-économique, …), quel qu’il soit.
Et comme tu le sais, moi, les longs discours pour essayer d’expliquer à la place de Shakespeare ce qu’il a écrit…

nic
nic
14 Déc 2019 12:47
Reply to  Thierry

Bien sûr que les situations lointaines (ou peut-être aussi trop proches) résonnent moins, facilitant le premier degré. Sachant qu’au moins une partie des gens au pouvoir se réfère au nazisme quant au traitement des minorités ou que viennent d’être adoptées des mesures facilitant l’adoption de la nationalité aux réfugiés sur la base de leur religion (non pour les musulmans, par exemple les Royingas), ça me gâche tout de même un peu le plaisir…

KangDa
KangDa
12 Déc 2019 10:40

C’est vrai qu’il y a de quoi rire des situations et dialogues avec les gamins!
A signaler qu’en dehors du rôle d’une infirmière un peu crédule, les femmes présentées sont fortes et maitresses de leurs choix.