Too Old to Die Young (USA, 2019)

Merci à avventura pour cet avis !

J’ai bien noté que personne n’avait tenu plus d’un épisode de cette série par ici 🙂
Je n’essaierai donc pas de convaincre tout le monde qu’on est tenus en haleine par l’histoire policière et les rebondissements… il faut au contraire être prêt à lâcher prise et laisser de côté les codes narratifs habituels des séries (en particulier de temps et de rythme) pour se laisser emporter par ce qui est plutôt un (très) long film… tout comme la saison 3 de Twin Peaks d’ailleurs, qui m’avait également marqué mais pas complètement conquis.

J’ai aussi eu du mal avec le 1er épisode, avec des dialogues particulièrement lents, mais une fois que j’ai été embarqué et suis rentré dans le rythme, j’ai trouvé la série fascinante de bout en bout, avec tous les défauts que peuvent avoir ce genre de propositions radicales qui « osent » un format différent… car malgré toutes les (très) bonnes séries que je peux voir, je trouve que çà reste rare que les séries osent vraiment quelque chose comme le cinéma sait encore (parfois) le faire, parce qu’il faut absolument accrocher le spectateur dès le premier épisode en ces temps de peak tv.
Je n’étais pas forcément hyper fan de Refn jusqu’à présent, je suis toujours curieux de voir ses films sans être forcément complètement satisfait mais toujours intrigué. Et là le format de la série lui a permis d’explorer quelque chose de nouveau, en puisant notamment chez Lynch et en même temps pour proposer qqch de très personnel. L’image est sublime (Darius Khondji), il en fait évidemment des caisses avec ses néons partout dans la nuit (et qu’est-ce qu’il le fait bien), il me reste en tête tout un tas de plans magnifiques, des scènes mémorables (cf. la poursuite jubilatoire dans le désert sur le Mandy de Barry Manilow à l’épisode 5), la musique de Cliff Martinez est intense, avec aussi beaucoup de vieux reggae… on retrouve évidemment ses personnages taiseux et des personnages comme on en croise chez Lynch.

Une ambiance ne faisant pas une série, il y a bien l’histoire de flics et de gangs mais qui laisse la place aux personnages qui prennent le pas sur l’histoire, et ce que j’ai trouvé prenant c’est qu’on ne peut jamais dire ce qui va se passer. On pense que la série va être une histoire classique de flic qui cède au chantage de la mafia et va devoir basculer du côté obscur, et finalement les personnages s’avèrent tous rapidement beaucoup plus troubles et complexes, avec un côté obscur insoupçonné, certains faisant aussi ressortir une tension sexuelle trouble (le personnage du chef de gang mexicain violent et hypersexualisé est à ce titre incroyable), et les personnages féminins sont également forts.
La série tente des choses, ça n’empêche pas qu’il y a aussi des longueurs, des situations parfois étirées à outrance, comme dans ses films çà alterne entre scènes contemplatives, scènes d’action efficaces et moments de violence hyper-stylisés. Cela peut à la fois être très poseur voire cliché , et en même temps être très politique en nous servant une vision très fine de l’Amérique, notamment avec cette incroyable scène à l’épisode 9 qui reprend le final de Zabriskie Point en faisant cette fois-ci voler en éclats l’Amérique white-trash pro-Trump…
Bref, c’est ma série de l’année car je n’avais pas ressenti un tel choc devant une série depuis longtemps… même s’il faut peut-être noter que je reste un irréductible fan de ciné avant d’être fan de séries… et je suis impatient de voir ce que Refn va faire maintenant dans son cinéma !

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